Historique


Hôpital le plus ancien de Tunis, il est fondé en 1662 sous le règne de la dynastie mouradite. Baptisé à l’origine Bimaristan Al Azzafine (bimaristan des musiciens), il se situe au souk du cuivre, territoire retenu comme bien inaliénable par la princesse Aziza Othmana.

Le bâtiment de l’hôpital existe encore, au numéro 101 de la rue de la Kasbah, entre la rue Al Azzafine et le souk du cuivre. Azzafine vient du verbe azafa, qui signifie « jouer de la musique », cette rue étant le lieu de réunion de musiciens.

Dans la deuxième moitié du xixe siècle, il déménage à son emplacement actuel, qui faisait auparavant partie de la casernemilitaire Qishla des Bchamkia. Un décret comptant 41 articles est signé par Sadok Bey le 5 février 1879 : il institue un hôpital destiné à soigner les pauvres et les nécessiteux. Il comporte alors 100 lits dont 18 sont réservés pour les femmes ; il accueille également les patients atteints de maladies mentales. Il prend alors le nom d’hôpital Sadiki.

Il figure parmi les premiers hôpitaux à exiger des règles modernes d’organisation à l’intérieur de l’établissement et à investir dans la propreté et la prévention. L’article 8 spécifie ainsi que « le patient doit enlever ses vêtements personnels, en porter d’autres fournis par l’hôpital, et les récupère après sa cure ».

Cette disposition particulière permet à Charles Nicolle et à son équipe de découvrir l’agent du typhus. En effet, les médecins notent qu’à l’hôpital Sadiki, le personnel ne contracte jamais le typhus, à part celui qui reçoit les malades et change leurs vêtements, le règlement de cette institution imposant aux malades de ne porter que les habits de l’hôpital.

L’hôpital Sadiki avait un bain maure ; le malade y était rasé et débarrassé de ses poux ; il n’était alors plus contagieux. À partir de cette constatation, l’équipe conclut que des actes simples d’hygiène et la suppression du parasite suffisent à assurer la prophylaxie du fléau et sauver des vies. Nicolle reçoit le prix Nobel de médecine en 1928 « pour ses travaux sur le typhus1 » et se voit élu membre de l’Académie des sciences en 1929.

En 1960, l’hôpital prend son nom actuel, en hommage à l’action de la princesse Aziza Othmana.